Une histoire pourrait se résumer (très grossièrement) à un personnage central poursuivant un objectif et qui rencontre d’autres personnes. Ces individus vont devenir des alliés ou des ennemis et ils sont tous importants car ils vont faire évoluer le héros. Je t’avais prévenu, c’est un trait grossier. Ce qui est commun à toutes les aventures, c’est qu’un bon héros dispose d’un excellent antagoniste.

Les méchants qui ont du chien

On se souvient souvent des meilleurs méchants, que ce soit en littérature ou sur les écrans. Si je te cite quelques exemples comme Dark Vador, Hannibal Lecter, Cersei Lannister, Dracula, Thanos et que tu as vu ou lu les aventures dans lesquelles ils apparaissent, tu conviendras qu’ils ont marqué l’histoire autant que le héros (sinon plus). Pourquoi ? À mon humble avis, c’est parce qu’ils ont des objectifs clairs et, d’un certain point de vue, acceptables. Ils ne sont pas infaillibles et génèrent une empathie lorsqu’ils échouent, et ce, même si tu as envie de voir les gentils réussir. Leurs motivations sont tellement fortes que tu les respectes, ce qui en fait de vrais grands et beaux méchants.

Leur but justifie leurs actes et ils sont néfastes à bon escient. Si c’est bien fait, bien écrit, tu les comprendras et d’une certaine manière, tu les aimeras. Pour ne pas bâcler une histoire, il faut donc soigner son antagoniste, le chouchouter autant que son personnage principal.

Éviter de créer des méchants aussi charismatiques qu’un bidet

Un bon adversaire ne peut pas avoir un profil quelconque. Et quand je parle de profil, je ne parle pas de son allure. Il ne suffit pas de dire « il est habillé en noir, porte une cape et a les dents pointues » pour que cela suffise. Il s’agit de détailler qui il/elle est vraiment, ses traits psychologiques, ses désirs, ses peurs, et de brosser des motivations qui collent avec son passé. Avant d’être badass dans un costume, un ennemi est d’abord une personnalité, tel Hannibal qui ne porte pas de collants sous son slip !

Il faut donc répondre aux mêmes questions que pour le héros : Pourquoi fait-il/elle ça ? Et cela, à chaque action, prise de décision tout en vérifiant la cohérence au fil de l’histoire. C’est notamment super important en cas de revirement, comme Dark Vador. Si c’est mal amené, c’est foiré et toute l’histoire avec !

Ce qui m’énerve chez les méchants ratés

Je me suis agacée sur mon canapé en regardant la première saison de 24h Chrono (que je n’avais jamais vue). Je ne vais pas parler ici des inepties du scénario et du jeu approximatif des acteurs, mais des méchants. La dynamique de la série tombe dans le piège de la mauvaise hiérarchie des ennemis.

Je m’explique : pendant le début de la première saison, on suit le boss des méchants qui chapote plusieurs sous-méchants. Chacun étant sous les ordres d’un autre, c’est la hiérarchie des ennemis qui répond à une mécanique ultra débile : c’est toujours celui qui est le plus gradé qui est le plus méchant.

Donc le boss de tout ce beau monde est sans pitié, sans remords et sans peur. Il tire les ficelles et dézingue tout le monde sans sourciller. Et, d’un coup d’un seul, son boss se pointe car oui, c’était pas lui le boss… Oh ! Le naze ! Mais en plus, dès lors que ce Master Boss entre en piste, l’autre, celui qui incarnait le mal jusque-là, commence à hésiter et à juger les décisions de son N+1 trop sévères… Genre il voulait tuer deux meufs pendant les trois épisodes précédents et quand son Master Boss lui demande de les tuer, le gars « Oh ! C’est trop injuste ! ».

Le verdict est sans appel dans ce cas, puisque cela signifie que le principal antagoniste n’était pas suffisamment préparé pour aller jusqu’à l’affrontement final avec le héros, et ça, c’est nul !

Pour résumer : quand je crée une histoire, je veille à aimer mon antagoniste autant que mon personnage principal et je les prépare avec le même soin.

Et surtout, je scrute en permanence la cohérence des oppositions. Ne pas partir dans des crossovers genre Joséphine Ange Gardien vs Dark Vador ou Scoubidou vs Napoléon (enlève ton masque faux empereur ! Oups ! C’était le directeur de l’école !).

Donc, tu l’auras compris, pour que tes méchants marquent les esprits, il te faut les aimer, les bercer et même leur accorder quelques petites victoires parce qu’un méchant qui est content, qui croit avoir gagné la partie, c’est tout aussi intéressant pour ton histoire… et ton héros.

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